Les Shoshone sont une tribu qui se découpe en 4 groupes linguistiques : les Eastern Shoshone (à l’Est, au Wyoming) les Northern Shoshone (au sud de l’Idaho), Western Shoshone (au Nevada et au nord de l’Utah) et enfin les Gosiute (à l’ouest de l’Utah et à l’est du Nevada).
Ils parlent la langue Shoshoni et ont été souvent appelés les “Snake Indians” (Indiens serpent) par les autres tribus. Au cours des relocalisations dans les réserves, ils ont souvent été mélangés avec la tribu des Paiute au nord de la Californie.

Leur nom viendrait du mot Sosoni qui signifie hautes herbes. Ainsi des tribus voisines les appelaient le peuple des maisons en herbe car leurs habitations étaient effectivement construites avec des sosoni. La population, relativement dispersée entre les Etats de Californie, Idaho, Nevada, Oregon, Utah et Wyoming est estimée à environ 12 500 personnes dont seulement 1 000 parlent encore la langue Soshoni.
Les Shoshone sont originaires de l’ouest du Grand Bassin puis se sont répandus au Nord et à l’Est (aujourd’hui l’Idaho et le Wyoming). En 1500, les Shoshone avaient traversé les Rocheuses et atteint les Grandes Plaines mais en 1750 de nombreuses guerres tribales avec les Blackfoot, les Crow, Les Lakota, les Cheyenne et les Arapaho les ont repoussé vers le sud et l’ouest. Certains ont même émigré jusqu’au Texas et sont devenus les Comanche.
Mais au fur et à mesure de la conquête de l’Ouest, des tensions se sont créés avec les migrants et des guerres ont eu lieu pendant la seconde moitié du 19ème S. Les Northern Shoshone (dont le chef était Pocatello) ont combattu les migrants en Idaho. Des raids étaient menés dans les fermes et les ranches pendant la saison de chasse pour obtenir de la nourriture et tuer les habitants. L’armée américaine a répliqué avec le massacre de Bear River en 1863 et a tué plus de 410 Indiens Shoshone (Northwestern) dans leur campement d’hiver. Beaucoup d’entre eux étaient des enfants et des femmes.
Les Shoshone, ainsi que les Ute ont participé aux attaques des convois de migrants à l’ouest de Fort Laramie, forçant les Blancs à changer de route en traversant le Wyoming. Alliés des Bannock, avec qui ils ont des liens de parenté, les Shoshone ont combattu l’armée américaine pendant la guerre Snake War de 1864 à 1868, puis en 1878 (The Bannock War) mais les Shoshone pouvaient aussi s’allier aux soldats américains pour se battre (comme dans la Bataille de Rosebud) contre leurs ennemis traditionnels, les Lakota et les Cheyenne. En 1879, un groupe d’environ 300 Eastern Shoshone attaqua les troupes américaines dans ce qui fut la dernière guerre indienne du Pacific nord-ouest.
La dernière attaque connue eut lieu en 1911 lorsque une troupe d’indiens Bannock, sous l’égide de Mike Daggett (“Shoshone Mike”) tua 4 ranchers dans un conté du Nevada. Les habitants partirent à leur recherche et les attrapèrent, en tuant huit et en perdant un homme. Ils capturèrent trois enfants et une femme. Un rancher fit donc des restes humains de trois hommes adultes, deux femmes adultes, deux jeunes adolescents et trois enfants (certains pensent qu’il s’agit de la famille de Shoshone Mike) à l’institution du Smithsonian à Washington DC. En 1994, l’Institution rendit les ossements à la réserve de Fort Hall en Idaho.
Et plus récemment, en 2008, les Indiens Northwestern Band of the Shoshone Nation ont racheté le site du massacre de The Bear River afin d’y protéger la terre sacré et y construire un mémorial pour honorer leurs morts.
Les Shoshone sont aujourd’hui répartis sur les cinq Etats dans 21 réserves qu’ils partagent souvent avec d’autres tribus (les Bannock ou les Paiute).